17 mars 2020 RSMB73

Covid-19

« Nous sommes en guerre ». Ces mots forts qui ont résonné en boucle hier soir au sein des foyers, nous montrent toute la gravité de la situation.
L’économie est au ralenti, les entrepreneurs, principalement les petits, les artisans, les libéraux, auront du mal à se relever d’une crise pareille.

Toutefois en ces temps difficiles, j’aime à faire le lien entre notre pratique de la montagne et cette crise sanitaire que nous vivons.
Nous voyons des injonctions de la part des services de secours à ne pas pratiquer d’activités à risque, ou tout du moins à limiter au maximum notre engagement.

Ces requêtes sont à mon sens révélatrices, d’un comportement récent en montagne.

Il s’agit la d’un comportement, ou nous ne prenons plus en compte objectivement les risques, mais bel et bien de manière subjective, à travers bien souvent le prisme des réseaux sociaux, et d’un pratique de pointe idéalisée.
Toutefois, cette pratique de la montagne, consciente des risques, devrait à notre sens être la base même de toute activité. Il y a peu, lorsque les téléphones portables n’existaient pas, les montagnards prenaient encore ces précautions. De nos jours, combien s’affranchissent de ces limites, car ils ont un DVA, un téléphone portable et un airbag sur le dos ?

Ces objets aussi importants soient-ils devraient être un secours uniquement en cas d’erreur dans l’analyse finement menée par chaque pratiquant au cours de sa sortie, en se focalisant sur un seul risque objectif :

« Comment faire pour rentrer chez moi sans le moindre anicroche ?« 

Et non pas, dans l’idée absolue de fouler un sommet, ou tel ou tel ligne peu importe le risque, puisque s’il y a un problème, j’ai des solutions de secours.

Nous pouvons ainsi en ces temps difficiles faire le parallèle avec la vie de tous les jours. Nous sommes face à une crise sanitaire majeure, mais nous ne nous inquiétons pas plus que cela, car nous savons que nous avons un système sanitaire performant. Nous ne nous modifions pas nos modes de fonctionnement, au risque de déstabiliser de manière beaucoup plus longue l’économie sur laquelle nous avons basé notre système, car nous jugeons que l’état sera derrière pour limiter la casse, que l’état paiera.
Ces investissements, cette implication de notre corps médical ne se fera pour autant pas sans conséquence. À l’image d’un skieur se faisant prendre dans une avalanche, et tirant sur son Airbag, ou portant son DVA, nous ne pouvons être sûrs de la finalité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et si même par bonheur, le skieur s’en sort indemne physiquement, les séquelles psychologiques, la peur, etc. se font ressentir pendant des années.

Ainsi à l’image d’un skieur sortant par risque 5, il nous faut maintenant adapter nos comportements, prendre en compte la notion de risque et savoir renoncer, même si la journée nous semblait idyllique, il en va de notre sécurité et de l’impact qu’auront nos comportements sur notre qualité de vie des années à venir.

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